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Ces entreprises suisses présentes à la COP21

Le secteur cleantech a pris son envol ces dernières années, avec une croissance en matière d'emplois d'environ 25%. De nombreuses sociétés, conférences, programmes institutionnels et autres solutions permettant de lutter contre le réchauffement climatique seront présentées à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21)

Parmi ce foisonnement de solutions présentées à Paris du 30 novembre au 11 décembre, une poignée de représentants helvétiques seront sur le stand suisse, avec notamment Solar Impulse, la fondation Race for Water qui se consacre à la préservation de l’eau menacée par la pollution des plastiques ou Solarplanet, une fondation en charge de la promotion des énergies renouvelables. Il sera aussi question d’eau avec la Ville de Lausanne ou le projet d’aquarium géant Aquatis.

Seules quelques entreprises suisses seront au Grand Palais pour présenter leurs solutions, dont les CFF qui expliqueront notamment comment, grâce à la large part d’énergie hydraulique, un voyage un train en Suisse dégage 20 fois moins de CO2 qu’un déplacement en voiture sur une distance analogue. Autre représentant helvétique : le groupe BKW, à Berne, qui approvisionne en courant un million de personnes. Creabeton, un fabricant et fournisseur d’articles en béton, qui emploie près de 450 collaborateurs, présentera des façades végétalisées. Quant à la société bernoise Diesol, celle-ci dévoilera ses solutions pour la transformation des déchets plastiques en huiles minérales.

210 000 postes de travail en Suisse

« Pour être présent à Paris, nous avons dû fournir un dossier et présenter nos activités, explique Claude Cornaz, associé chez Energy8, un bureau à Genève. Nos ingénieurs étudient comment récolter, transformer et revendre l’énergie renouvelable à l’utilisateur à un prix compétitif, tout en rétribuant les investisseurs. Nous développons des solutions qui doivent être meilleur marché qu’avec du non renouvelable. » Et de citer, par exemple, la réalisation de la plus grande centrale solaire hybride d’Afrique hors réseau ou la distribution centralisée de chauffage et de froid à distance à Genève.

L’entreprise Ponzio Groupe à Lucens (VD) présentera, de son côté, son projet EcoThierrens, un quartier totalement indépendant d’un point de vue énergétique. Le concept valorise les apports solaires et les rejets thermiques des logements. Tous les besoins de chaleur, chauffage et eau chaude seront directement couverts par des panneaux solaires thermiques alimentant un réservoir extérieur de 85 000 litres utilisés pour le stockage de l’énergie. Les eaux de pluie seront également récupérées. La construction va démarrer au mois de janvier et permettra de réaliser trois bâtiments, soit un total de quinze logements. « Ce quartier, entre Yverdon-les-Bains et Moudon, fournira également de l’énergie à des véhicules électriques », précise Marc Ponzio, propriétaire de l’entreprise.

Ces représentants helvétiques à la COP21 ne sont que quelques-uns des acteurs du cleantech helvétique. Le secteur a pris son envol ces dernières années. En Suisse, selon une étude du bureau zurichois d’Ernst Basler + Partners, datant de juin 2014, 210 000 postes de travail à plein-temps étaient dénombrés dans le cleantech en 2014-2015, contre 160 000 en 2010-2011. « Plus que le nombre absolu, ce qui importe, c’est la croissance enregistrée d’environ 25% du secteur en quatre ans », explique Eric Plan qui chapeaute CleantechAlps, une plateforme qui a pour mission de fédérer les instituts de recherches et les sociétés qui contribuent à l’utilisation durable des ressources naturelles.

La plupart des cantons romands possèdent leur incubateur dédié aux cleantechs, avec pour chacun quelques spécificités.

Des incubateurs cantonaux

La plupart des cantons romands possèdent leur incubateur dédié aux cleantechs, avec pour chacun quelques spécificités. Lancé en octobre 2013, l’incubateur des technologies vertes de Plan-les-Ouates mise beaucoup sur les villes intelligentes. « Nous encourageons les technologies qui veulent transformer les agglomérations en villes connectées », explique Laurent Horvath, en charge de la coordination du projet auprès de l’Office cantonal de la promotion des industries (OPI). Il cite ainsi l’exemple de d’IEM à Genève. Grâce à des capteurs insérés sur chaque place de parcs et reliés sans fil à des bornes solaires, les automobilistes peuvent savoir immédiatement où se trouvent la prochaine place de parc libre, via GPS ou téléphone portable. « Le trafic et la pollution sont ainsi diminués », précise Laurent Horvath. Il évoque aussi OrbiWise à Plan-les-Ouates et ses poubelles intelligentes. Un capteur miniature placé dans la poubelle mesure le niveau de remplissage et avertit la voirie de la nécessité ou non de la vider. Une économie de 35% des trajets des employés municipaux serait ainsi possible. Genève innove aussi dans la mobilité avec le bus TOSA qui recharge ses batteries en cours de route. Il permet de transporter plus de 130 personnes et recharge ses batteries en 15 secondes, temps nécessaire à faire monter et descendre les passagers durant les arrêts. Cette technologie permet également de stocker l’électricité dans les bornes de recharge ou de coupler le système avec des panneaux solaires afin de rendre les lignes de bus électrique entièrement renouvelable.

Si le canton de Neuchâtel se spécialise plus particulièrement dans le domaine du solaire, le canton de Fribourg avec son site blueFactory, entend devenir le premier quartier d’innovation de Suisse « zéro carbone ». De son côté, le canton du Valais a vu naître plusieurs projets autour de l’efficience énergétique. Quant au canton de Vaud, il y a plusieurs projets liés à la valorisation des déchets, émanant notamment du Technopôle de l’environnement à Orbe. De nombreuses start-up sont aussi issues de l’EPFL et proposent des projets dans des domaines très variés. Parmi elles, la start-up Younergy, une start-up qui conçoit et installe un système solaire sans paiement initial de la part du propriétaire de la maison. En échange du courant solaire produit par le système, ce dernier paie un abonnement périodique à Younergy.

Auteur : Le Temps

Date de publication : 24/11/2015

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