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L’Etat suisse prévoit de donner un coup de pouce à la production d’électricité hydraulique

Le marché de l’électricité s’étant effondré à cause des subventions versées en Allemagne, les propriétaires de barrages tirent la langue. Le Conseil des Etats leur vient en aide dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050…

L’Etat doit venir en aide aux centrales hydrauliques dont l’avenir est menacé à cause de l’effondrement des prix sur le marché de l’électricité. Examinant la Stratégie énergétique 2050, plan de substitution progressive du nucléaire par des agents renouvelables, le Conseil des Etats s’en est persuadé mardi. Il a décidé par 32 voix contre 11 de mettre sur pied un dispositif d’aide financière dont ne profiteront que les installations à la peine. Selon l’Association des entreprises électriques suisses (AES), le prix de revient d’une grande centrale se situe autour de 8 à 9 centimes le kilowattheure, alors qu’il se négocie autour de 4 centimes.

Le subventionnement du solaire et de l’éolien en Allemagne est montré du doigt . « Le marché est devenu très difficile. Il est impossible de dire comment il va évoluer. Un rapport montre que 70% des installations hydroélectriques ne sont pas rentables », résume le président de la commission de l’énergie, Ivo Bischofberger (PDC/AI). « Pendant des décennies, les producteurs ont pu faire de l’argent avec l’énergie hydraulique, environ 1 milliard de francs par an. Mais tout s’est effondré. Le gaz de schiste aux Etats-Unis et le charbon coûtent moins cher. Le photovoltaïque est devenu concurrentiel. Ce ne sont pas les coûts d’exploitation qui sont en cause. Ils sont couverts. Les problèmes viennent plutôt des frais fixes, de la dette et des intérêts », énumère la conseillère fédérale Doris Leuthard.

Pour venir en aide aux producteurs de « houille blanche », le dispositif prévoit une aide pour les installations d’une puissance supérieure à 10 MW (la grande hydraulique). Elle serait versée au cas par cas et après examen approfondi. Mais il y a une contrepartie. L’aide est limitée à cinq ans. Et exploitants, propriétaires et cantons d’implantation doivent contribuer au financement de ce plan de sauvetage.

Pour les cantons, le sacrifice consiste en une baisse temporaire de la redevance hydraulique, taxe qui leur est versée par les concessionnaires pour l’utilisation de l’or bleu. Elle rapporte 500 millions par an. Le Valais et les Grisons en sont les principaux bénéficiaires. Par décision du parlement, le montant de cette redevance est passé de 100 à 110 francs par kilowatt le 1er janvier 2015. Si le scénario d’urgence doit être déclenché pour un barrage en difficulté, il redescendra temporairement à 90 francs par kW. Défendant les intérêts du Valais, René Imoberdorf (PDC/VS) a vainement tenté d’écarter cette compensation du projet de loi. Sans succès.

Le reste sera financé par le biais du supplément prélevé sur le tarif du kilowattheure vendu aux consommateurs. Ce supplément est actuellement de 1,1 centime par kWh. Il passera à 1,5 centime l’an prochain, soit le maximum prévu par la loi actuelle. Dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050, ce plafond sera relevé à 2,3 centimes par kWh, dont 0,2 centime sera affecté au soutien de la production hydroélectrique indigène. Cela équivaut à 120 millions de francs au maximum, calcule Ivo Bischofberger, sur un total de plus d’un milliard. Ces recettes sont utilisées pour subventionner la production d’énergies renouvelables. Les petites centrales hydrauliques de moins de 300 kW pourront aussi en profiter.

Mais le plan du Conseil des Etats n’est pas parfait. Il est jugé trop compliqué et inabouti par plusieurs sénateurs et par l’AES. Et l’on se chamaille à propos des critères donnant droit à ce coup de pouce étatique. Par ailleurs, la solution retenue a été préférée à une autre, qui aurait pris la forme de prêts remboursables de la Confédération.

A l’initiative du libéral-radical grison Martin Schmid, membre du conseil de la société Repower qui a un projet de pompage-turbinage au Lago Bianco (GR), les représentants des cantons alpins ont tenté d’ajouter cette possibilité au dispositif pour les nouvelles centrales de grande taille. Cette requête n’a échoué que par 23 voix contre 22.

Le Conseil national devra encore se prononcer sur ce dispositif d’aide à l’hydroélectricité indigène. Il y avait renoncé en décembre 2014. La situation du marché de l’électricité était alors moins tendue.

Auteur : Le Temps

Date de publication : 23/09/2015

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