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Le spectre d’une pénurie de travailleurs qualifiés alarme Genève et Vaud

Le Conseil fédéral devrait encore restreindre l'immigration extra-européenne. Une mesure qui ne satisfait ni Genève ni Vaud, pas plus qu’elle ne convient à l’UDC…

Les ministres vaudois et genevois de l’Economie préviennent : un nouvel abaissement des contingents de travailleurs extra-européens générerait des effets « ravageurs » sur leur économie respective. Ce mercredi, le Conseil fédéral examinera le rapport de synthèse sur la consultation liée au projet de loi de mise en œuvre de l’initiative « Contre l’immigration de masse ». Parmi les solutions qu’il a esquissées : celle de réduire encore le nombre de permis délivrés à la main-d’œuvre hautement qualifiée en provenance d’Etats tiers. C’est-à-dire hors de l’UE ou de l’AELE. Une mesure que la Confédération avait déjà introduite cette année pour tenter de répondre, en partie, aux exigences de réduction de l’immigration posées par l’initiative UDC. Or, selon plusieurs sources, le Conseil fédéral s’apprêterait, une nouvelle fois, à actionner ce levier.

Si la démarche est accommodante – la Suisse s’évitant de froisser des pays avec lesquels elle n’a aucun accord –, elle n’en demeure pas moins une mesure « inefficace » aux yeux de l’UDC et « contre-productive » pour les milieux économiques. En 2015, le nombre de permis d’autorisation de séjour de courte durée (permis L) avait été réduit d’un millier pour s’établir à 4 000 unités. Quant au nombre de permis de longue durée (permis B), il était passé de 3 500 à 2 500 unités. Une goutte d’eau dans un océan : fin 2014, la Suisse dénombrait 161 000 nouveaux ressortissants étrangers sur son territoire, le solde migratoire s’établissant à 76 200 nouveaux habitants.

Nombreuses multinationales

Le signal politique est exécrable. Le gouvernement encourage les multinationales à investir ailleurs et multiplie les obstacles administratifs. Une goutte d’eau ? Pas pour Vaud et Genève, qui ne tarissent pas d’inquiétudes quant à une nouvelle diminution des permis pouvant être octroyés en 2016. Surtout que les deux cantons épuisent chaque année leurs quotas. « Une nouvelle réduction serait fortement dommageable pour le canton, argue Denis Pittet, porte-parole du Département vaudois de l’économie.

Vu le grand nombre de multinationales, d’organisations sportives internationales et de sociétés vaudoises commerçant dans le monde entier, nous sommes un gros consommateur de permis. » Pierre Maudet, conseiller d’Etat genevois chargé de l’Economie, est encore plus clair : « Les entreprises attendent des signaux positifs de la part des autorités. Cette nouvelle baisse aurait des effets ravageurs. »

Dans les coulisses des deux départements, les critiques fusent sur la stratégie du Conseil fédéral. « Le signal politique est exécrable. Le gouvernement encourage les multinationales à investir ailleurs et multiplie les obstacles administratifs », avance un haut fonctionnaire. « On ne peut que s’étonner des contradictions du Conseil fédéral qui cherche à multiplier les accords de libre-échange d’un côté, et qui empêche les mouvements de personnes qui vont de pair avec ces échanges de l’autre », renchérit un autre. A Bâle aussi, on s’alerte d’une réduction des contingents. Dans le canton de la pharma, les travailleurs extra-européens représentent 10% des effectifs, soit 7 000 personnes.

Entre Genève et Vaud, ce ne sont pas moins de 188 000 emplois qui sont générés par la présence de multinationales suisses ou étrangères, rappelle le Groupement des entreprises multinationales (GEM), sans pouvoir préciser le nombre d’employés en provenance d’Etats tiers. Le GEM indique que les multinationales contribuent à hauteur d’un peu plus de 40% du PIB des deux cantons. « Les entreprises suisses ou étrangères ont impérieusement besoin de pouvoir accéder à cette main-d’œuvre sans restrictions trop contraignantes. Une nouvelle réduction constituerait un signal extrêmement négatif », commente sa présidente, Frédérique Reeb-Landry.

Soutien de l’UDC

Les deux cantons romands et les multinationales ne sont pas les seuls à se cabrer contre la réduction des contingents de travailleurs en provenance d’Etats tiers. Ironie du sort, ils peuvent compter sur le soutien de l’UDC, qui peine à comprendre l’utilité de la manœuvre. « Nous ne nous sommes jamais opposés à aller chercher de la main-d’œuvre étrangère hautement qualifiée, s’agissant de travailleurs qui sont utiles à notre économie et que l’on ne trouve ni en Suisse, ni en Europe, rappelle le conseiller national vaudois Guy Parmelin. C’est à penser que le Conseil fédéral n’a pour but que de faire hurler les milieux patronaux en faisant croire que notre initiative menace leur développement. » Immigration choisie ? « On doit accepter les gens dont on a besoin », tranche son homologue fribourgeois Jean-François Rime, candidat au Conseil des Etats.

Interpellé sur la stratégie du Conseil fédéral lors de son passage à Genève, la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, n’a pas souhaité la commenter, invoquant la collégialité du Conseil fédéral, sans pour autant l’infirmer. Relancé mardi sur cette question, le Secrétariat d’Etat aux migrations se contente d’indiquer que le gouvernement « se prononcera au cours du mois de novembre, comme chaque année ».

Auteur : Le Temps

Date de publication : 27/10/2015

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