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Même le Jura est nettement plus compétitif que la France

Le canton le moins compétitif du pays est plus concurrentiel que notre voisin, et que la Grande-Bretagne, selon une étude d’UBS. Celle-ci place Vaud en champion de l’innovation…

L’indicateur UBS de la compétitivité en 2016 au sein des cantons évalue les forces et faiblesses des cantons. Elias Hafner, économiste auprès d’UBS et auteur de l’étude, cite le consultant Peter Drucker : « Ce qui ne peut pas être mesuré ne peut pas être géré. » L’indicateur, qui comprend 50 critères, révèle que Zoug, Zurich et Bâle-Ville sont les plus compétitifs du pays, tandis que Vaud est 7e et Genève 10e. Les centres urbains sont les mieux placés. Le Valais est avant-dernier et le Jura dernier.

Preuve du niveau atteint en Suisse, le Jura, même s’il est lanterne rouge dans le pays, est tout à fait compétitif au plan international, selon Elias Hafner. Il est plus performant que la France, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Italie en termes de brevets par habitant, d’impôt sur les bénéfices des entreprises, de taux d’endettement et de chômage des jeunes. En termes d’innovation, le Jura est d’ailleurs placé au-dessus du canton médian (celui qui occupe le milieu du classement).

Vaud, capitale de l’innovation

Vaud est le canton romand le mieux classé grâce à sa capacité d’innovation, son fort pourcentage de population active et son capital humain disponible. Son principal point faible réside dans ses coûts d’implantation (impôts, loyers commerciaux, énergie). C’est aussi le canton qui présente les plus fortes disparités au sein du même canton. Le contraste économique est fort, en effet, entre le pays d’Enhaut et Lausanne ou Nyon.

Pour sa part, Genève plaît pour son accessibilité, son capital humain et sa structure économique, mais souffre de ses coûts et de ses finances publiques.

Les cantons romands sont brillamment placés en termes d’innovation : « Bâle, Vaud et Neuchâtel sont les cantons les plus innovants du pays », affirme Elias Hafner. Genève arrive en 5e position et le Jura en 10e. C’est d’autant plus important qu’un potentiel d’innovation élevé « se traduit par une productivité plus élevée sur la durée », selon l’économiste.

L’innovation est ici mesurée en termes d’effectifs dans la recherche et le développement, de « clusters » (réseau disposant d’un savoir particulier), de demandes de brevets, d’investissement en capital-risque et de nombre de start-up. La grande banque souligne la forte présence de la scène du capital-risque sur les rives du Léman.

« Attention au risque d’activisme croissant de la part des cantons »

Les économistes ne se contentent pas de dresser un constat. Ils émettent un jugement sur les politiques d’encouragement. « Attention au risque d’activisme croissant de la part des cantons », avertit Elias Hafner. L’auteur de l’étude recommande une plus grande sélectivité dans le choix des instruments : « La mise à disposition de locaux n’augmente pas l’innovation », lance-t-il. Trois principales mesures lui semblent les plus efficaces : la subsidiarité, c’est-à-dire la nécessité de laisser le privé prendre l’initiative lorsque c’est possible, la concentration géographique des efforts, et surtout l’amélioration des conditions-cadres.

Au sein des mesures incitatives les plus efficaces, l’économiste cite le conseil aux jeunes entreprises, l’aménagement du territoire et la promotion économique locale. A long terme, c’est l’amélioration des conditions-cadres qu’il s’agit de privilégier, notamment à travers les deux plus grands leviers que représentent la politique de formation (budget de 30 milliards) et la fiscalité des entreprises (10 milliards).

Le référendum contre RIE III pénalise l’innovation

Daniel Kalt, chef économiste au sein de la banque, souligne ici l’importance de la réforme de la fiscalité des entreprises pour éviter la délocalisation des entreprises et des activités de recherche : « Le référendum contre la RIE III annoncé par le Parti socialiste est un poison pour l’innovation du pays parce qu’il crée une incertitude politique qui peut amener les entreprises, dans leurs prochaines décisions d’investissement, à préférer un autre pays. »

La croissance économique est portée par deux piliers, l’augmentation de productivité et celle de l’emploi. Entre 2003 et 2013, à Genève, la croissance a été aussi rapide que la moyenne suisse, mais elle a été portée par l’emploi. Le gain de productivité a été le plus faible du pays (0,3%). Dans les petits cantons, par contre, la croissance a été dopée par la productivité. Le fédéralisme et cette diversité des modèles constituent des atouts pour la Suisse, affirme Daniel Kalt.

Auteur : Le Temps

Date de publication : 31/03/2016

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