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La Suisse échappe à la récession annoncée

Le produit intérieur brut a progressé de 0,2% d’avril à fin juin. Surpris, les analystes l’expliquent de manière diverse…

La surprise est bonne. Il y a quelques jours, l’agence Bloomberg avait fait le tour des experts en conjoncture qui concluaient à une entrée de la Suisse en récession. Tous juraient que la croissance économique négative, après un recul de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, serait confirmée au second trimestre par l’annonce, vendredi, d’une nouvelle baisse, estimée à 0,1% par Bloomberg.

Or, un rebond inattendu s’est produit, avec une progression de 0,2% du PIB d’avril à fin juin, a annoncé vendredi le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Ce qui écarte l’entrée formelle de la Suisse dans une récession dite technique, lorsque deux trimestres consécutifs sont dans le rouge.

Personne n’avait prévu une inversion des paramètres de la balance commerciale, en particulier la forte diminution des importations, qui auraient dû théoriquement être stimulées par l’euro, bon marché face au franc. Les exportations, elles, qui avaient reculé de 2,2% de janvier à fin mars comparé au trimestre précédent, ont rebondi et augmenté de 0,5% durant le second trimestre.

Inversement, les importations de marchandises, qui avaient progressé de 0,6% au premier trimestre, se sont repliées de 3,6% d’avril à fin juin. La balance commerciale se trouve ainsi en situation très favorable.

Que s’est-il passé ? Plusieurs économistes n’en croient pas leurs yeux et donnent des explications tortueuses. Maxime Botteron, de Crédit Suisse, pense, en examinant la tendance nominale et non en termes réels des exportations, que le renversement de tendance au deuxième trimestre révèle une faiblesse structurelle. Les entreprises, étranglées par le franc fort, ont simplement dû réduire leurs prix et baisser leurs marges pour pouvoir légèrement augmenter le volume exporté. Ce qui n’est pas forcément positif.

Alessandro Bee, de J. Safra Sarasin, explique la baisse des importations par le besoin réduit de matières premières et de produits semi-finis par l’industrie suisse. Autrement dit, cela confirme un ralentissement de la production industrielle et une prochaine réduction sensible des exportations. Tout le monde est par contre d’accord de saluer la solidité de la consommation intérieure (+0,3%) qui illustre la confiance des consommateurs, et un climat économique favorable au renouvellement des biens d’équipement (+1,5%). Le marché intérieur, par exemple les secteurs de la santé, l’informatique, les transports et les services de conseil aux entreprises, a aussi contribué au redressement du PIB.

Bruno Parnisari, chef du secteur conjoncture au Seco, estime que l’effet franc fort a peut-être été surestimé. « Le cours de change a un certain impact, mais d’autres facteurs déterminent aussi la dynamique à court terme de notre économie, notamment et surtout la santé du commerce mondial. »

« La capacité de résistance de notre économie semble élevée, poursuit Bruno Parnisari. Pour que la Suisse entre en récession, il faut des chocs économiques importants, notamment un recul marqué de la conjoncture en Europe ou du commerce mondial. Ou encore une crise immobilière en Suisse. Or nous n’observons pas ces évolutions actuellement. »

Janwillem Acket, de Julius Baer, constate que « la force du franc n’est pas un problème décisif pour créer une situation de récession en Suisse. Le pays va surmonter ses problèmes avec la persistance d’un faible cycle conjoncturel cette année, et une légère reprise économique en 2016. »

Mais personne ne met sa main au feu que la Suisse ne connaîtra pas, à court ou moyen terme, un nouveau trimestre à croissance négative dû à des facteurs extérieurs peu prévisibles.

Auteur : Le Temps

Date de publication : 29/08/2015

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