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Les PME helvétiques victimes de la double peine

Le franc fort affecte leur compétitivité sur les marchés suisse et européen. Si les grandes entreprises résistent bien au franc fort, les PME se trouvent dans des situations plus compliquées...

Pour elles, c’est la double peine. L’abolition du taux plancher rend les exportateurs moins compétitifs sur le marché européen et affecte également le carnet de commandes des entreprises écoulant leurs produits sur le sol helvétique. Nombre d’entre elles sont lâchées par leurs clients suisses.

Boris Leuenberger, directeur de G. & Y. Leuenberger, basé à Eschert (BE), se résigne à continuer la lutte pour la compétitivité. Son entreprise de décolletage, qui produit annuellement environ 12 millions de pièces quasi exclusivement pour des firmes suisses, a enregistré une baisse des commandes au profit de groupes installés en France. « On subit une pression énorme de la part des clients qui renégocient leurs contrats. Beaucoup me demandent d’arrêter de m’approvisionner en matériau ou en outils helvétiques. »

Délocalisations attendues

Boris Leuenberger, 24 ans, petit-fils du fondateur de son entreprise de 40 employés, n’a connu que la crise depuis sa nomination en octobre. Pour lui, le tissu économique suisse doit « se serrer les coudes » et continuer à miser sur le swiss made. Il n’hésite pourtant pas à reporter la pression sur ses fournisseurs. « On doit tous trouver des solutions. A la fin, c’est le maillon de la chaîne qui a le moins de marge qui finit par sauter. »

Bernard Rüeger, patron de Rüeger à Crissier et président de la Chambre vaudoise de commerce et d’industrie, s’attend à des délocalisations. Surtout du côté des entreprises qui ont déjà un pied à l’étranger, à l’instar de la filiale d’Arbonia-Forster, le fabricant de fenêtres EgoKiefer, qui vient d’annoncer le transfert de la production du site de Villeneuve (VD) vers Pravenec en Slovaquie. « Les produits standards sont devenus beaucoup trop chers à produire en Suisse », résume-t-il.

Du côté de Micro Precision Systems (MPS), à Bienne (BE), sa directrice Nicola Thibaudeau rappelle que « l’ensemble du groupe est solide mais que des solutions doivent être trouvées sur les secteurs les moins performants. » MPS réalise un tiers de son chiffre d’affaires en Suisse et un tiers sur le marché européen. Son entreprise de décolletage, basée à Court (BE) a perdu 20% de ses commandes sur les pièces de haute précision. L’entreprise MPS Precimed, qui produit des dispositifs médicaux, a, elle, recours au chômage partiel depuis mars. « Nous réfléchissons à la délocalisation de notre production la plus coûteuse en main-d’œuvre », annonce Nicola Thibaudeau.

Investir sur l’innovation

Mercredi, le Conseil fédéral a demandé au parlement de libérer 20 millions de francs supplémentaires pour encourager l’innovation chez les PME tournées vers l’exportation.

Une voie suivie par Christophe Nicolet, directeur de Felco. La marque de sécateurs haut de gamme, produits aux Geneveys-sur-Coffrane (NE), va accélérer ses investissements pour l’innovation et la productivité. D’autres solutions, comme des adaptations tarifaires et le gel des salaires, ont été adoptées afin de contrer les effets du franc fort. « Je suis étonné par les analystes affirmant que les entreprises ont eu le temps d’anticiper. C’est méconnaître la réalité d’une entreprise. »

Felco a ainsi pu maintenir ses volumes de vente à l’étranger. Mais le directeur reste inquiet de l’amplitude et la fréquence des chocs à encaisser pour les PME: « La pression sur les marges est forte. Nous vendons des produits finis avec une forte valeur ajoutée. Les sous-traitants sont, eux, dans une position plus délicate. »

Auteur : Le Temps

Date de publication : 20/08/2015

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