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La récession guette l’économie suisse

Le PIB suisse s’est contracté de 0,2%. Le pire résultat depuis 2009. Sur le premier trimestre, 2000 emplois ont été supprimés dans l’industrie et les taux d’intérêt négatifs asphyxient les entreprises…

Lundi, le centre de recherches conjoncturelles KOF a révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour 2015 à 0,7%, contre 0,5% il y a trois mois. Ces derniers jours, c’est la seule bonne nouvelle pour une économie suisse qui voit défiler les indicateurs dans le rouge.

Le pays a même effectué, sur les trois premiers mois de l’année, sa plus mauvaise performance depuis 2009. La Suisse était alors plongée en pleine crise post-subprime. Après treize trimestres consécutifs de croissance, le PIB s’est contracté de 0,2% par rapport aux trois mois précédents.

Les statistiques conjoncturelles publiées il y a dix jours par le Secrétariat de l’économie (Seco) ont déjà fait verser beaucoup d’encre. Pour les uns, c’est l’annonce évidente de la tempête économique qui attend la Suisse. Pour les autres, le signe que les entreprises amortissent bien les conséquences du franc fort.

Michel Juvet, associé à la banque Bordier, voit, lui, le verre à moitié vide: « Il n’y a pas de raison de penser qu’il y aura une amélioration de la conjoncture. Il faudrait une accélération de la croissance mondiale ou de la consommation domestique. Les entreprises sont encore en train de s’adapter à la décision de la BNS. Nous entrerons probablement en récession au deuxième trimestre de l’année. »

Autre problème pour l’économie suisse, l’inflation ne semble toujours pas prête à repartir. Le niveau des prix devrait chuter cette année de 1%, selon J. Safra Sarasin, et de 0,7% en 2016. Mais, pour l’analyste de Credit Suisse Maxime Botteron, c’est justement cette donnée qui soutient le PIB : « La perception du ralentissement économique peut être très différente entre une PME exportatrice et un consommateur. Les investissements et la consommation ont continué de croître en Suisse. L’amélioration du pouvoir d’achat et les taux d’intérêt très bas ont permis de soutenir la croissance. »

Pour Maxime Botteron, l’économie suisse n’est pas menacée par une spirale déflationniste mais subit une inflation négative passagère. « Cette dernière est induite par la baisse des prix à l’importation et des produits dérivés du pétrole. Le baril est à présent en train de se stabiliser. D’ici à quelques mois, son effet statistique sur l’inflation devrait disparaître. »

Malgré tout, l’OCDE a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la Suisse de 1,5% à 0,8% pour 2015. Le FMI s’attend, lui, à un ralentissement à 0,75% et à une hausse du chômage. En cause: le franc fort. Les milieux touristiques sont particulièrement touchés. L’hôtellerie suisse a enregistré une baisse des visiteurs étrangers de 1,4% sur la saison d’hiver. En avril, la baisse a été encore plus marquée avec une contraction de 4,1% par rapport à avril 2014.

Swissmem, l’association faîtière de l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux, s’alarme : « L’abandon du taux plancher a été catastrophique. Les entreprises exportatrices sont confrontées à une chute de leur marge et à une perte de compétitivité. Nous ne voyons pas d’éclaircie à l’horizon. Cela va pro­bablement se traduire par des licenciements en 2015 », prévient Philippe Cordonier, responsable de l’association pour la Suisse romande.

L’industrie représente le deuxième secteur d’exportation de la Suisse. Selon un sondage de Swissmem, les entrées de commandes ont diminué de 17,1%, leur plus faible niveau depuis 2011. Près d’un tiers des sondés s’attend à enregistrer un déficit opérationnel cette année. L’Union syndicale suisse prévoit, elle, la suppression de 15 000 emplois dans l’industrie sur la deuxième partie de l’année.

Les chiffres du recours au chômage partiel sont parlants. Six semaines après l’abandon du taux plancher, 400 entreprises ont eu recours à cet amortisseur conjoncturel. Soit 143 de plus qu’en décembre, quand l’euro valait 1,20 franc. Près de 3600 employés sont concernés pour une masse salariale couverte de 4,8 millions de francs. Des chiffres qui restent pourtant bien en deçà de ceux de la crise post-subprime. En juin 2009, 121 millions de francs d’indemnités avaient été versés.

Mais les milieux économiques restent inquiets pour les années à venir. Michel Juvet souligne l’instabilité structurelle : « Les conséquences de l’initiative « Contre l’immigration de masse » restent à déterminer. Comment va-t-on traiter les frontaliers? Des quotas vont-ils être appliqués? Et quelle sera la fiscalité des multinationales? Devant tant d’incertitudes, il est peu probable que de nouvelles entreprises décident de s’installer en Suisse. »

Auteur : Le Temps

Date de publication : 09/06/2015

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