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La force du franc freine la compétitivité suisse

La Suisse passe du deuxième au quatrième rang d’un classement réalisé par l’IMD. En cause : la fin du taux plancher et la progression de ses concurrents asiatiques…

La Suisse a perdu deux places au classement de la compétitivité économique dressé chaque année par l’IMD et publié mercredi. Elle se retrouve désormais au quatrième rang, derrière les Etats-Unis toujours premiers, mais surtout derrière Hongkong et Singapour. Le Canada se classe à la cinquième place (+2 rangs), le Luxembourg à la sixième (+11) et la Norvège à la septième place (+3).

La Suisse était montée sur le podium en 2012. Puis les deux années suivantes elle s’était hissée jusqu’à la deuxième position. Alors que s’est-il passé ? Si le classement est basé sur des données économiques de l’année 2014, Arturo Bris, directeur du centre de compétitivité et professeur de finance à l’IMD, souligne que c’est le sondage réalisé auprès des dirigeants d’entreprises qui a particulièrement grevé les résultats de la Suisse. Un sondage réalisé entre février et mai 2015, soit après l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse.

« La plus grande inquiétude des dirigeants d’entreprise en Suisse à l’heure actuelle est liée à l’appréciation du franc », explique Arturo Bris. L’auteur du classement cite en exemple deux indicateurs pour lesquels la Suisse a rétrogradé : l’accessibilité aux crédits (-6 rangs) et la qualité des services bancaires et financiers (-10 rangs).

La force du franc avait déjà pesé de tout son poids lors de la publication d’un autre classement, début mai. C’était celui de la compétitivité du tourisme publié par le World Economic Forum (WEF). Première en 2013, lors de la précédente édition de l’étude, la Suisse avait alors chuté à la sixième place.

Pourtant, Arturo Bris ne s’inquiète pas outre mesure du sort de l’économie suisse. Selon lui, la perte de deux places au classement serait due, avant toute chose, à la bonne performance de ses concurrents. Il rappelle ainsi que si la Suisse a vu son score passer de 92 à 91,92 points entre 2014 et cette année, Singapour a dans le même temps progressé de 91 à 95 points et Hongkong de 90 à 96 points. Premier du classement et valeur étalon, les Etats-Unis restent à 100 points. « Hongkong a fortement accru sa productivité et amélioré ses finances publiques tandis que Singapour a fait d’importants progrès macroéconomiques, notamment pour stabiliser son taux de change et accroître la productivité du travail », précise ainsi Arturo Bris.

Pour établir une telle hiérarchie, Arturo Bris et son équipe ont passé 342 indicateurs différents en revue. Autour de quatre piliers : la performance économique du pays (croissance du PIB, exportations, etc.), l’efficacité de son gouvernement (déficit public, etc.), l’efficacité entrepreneuriale (marché du travail, productivité, etc.) et les infrastructures (ponts, routes, système de santé, écoles, recherche, etc.).

Dans ce nouveau classement 2015, qui regroupe 61 pays « disposant de données de suffisamment bonne qualité pour être analysées », le Portugal (+7), l’Italie (+8) et la Grèce (+7) sont ceux qui ont le plus progressé. Le résultat des réformes en cours mais aussi le fait « que ces pays ne pouvaient pas faire pire que l’année précédente », souligne Arturo Bris. A l’inverse, l’économie ukrainienne, durement marquée par le conflit armé, est celle qui a le plus reculé. Elle a perdu 11 places et se retrouve avant-dernière du classement, juste devant le Venezuela.

En septembre dernier, la Suisse s’était pourtant classée au premier rang du classement sur la compétitivité mondiale réalisé là encore par le WEF. Pour la sixième année consécutive. L’organisation basée à Genève avait toutefois averti que des nuages se pointaient à l’horizon. En cause : les difficultés croissantes éprouvées par les entreprises et les instituts de recherche pour trouver du personnel qualifié. « L’acceptation de l’initiative sur l’immigration le 9 février [2014] n’a pas encore eu de conséquences sur la compétitivité; nous ne savons pas encore comment elle sera appliquée », avait alors souligné Thierry Geiger, économiste et directeur au WEF. Avant d’avertir : « La multiplication des initiatives populistes pourrait mettre en danger la capacité de la Suisse à innover en attirant les talents. » Tout comme le franc fort dorénavant.

Auteur : Le Temps

Date de publication : 28/05/2015

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