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Credit Suisse évoque la fin de la globalisation et sa transformation

Les entreprises vendent toujours plus à l’étranger, mais y investissent de moins en moins. Un monde multipolaire se met en place, selon une étude de la grande banque…

La globalisation se fragilise. Le monde est de plus en plus traversé par des frontières en termes de religion, de langue, de climat, de développement militaire et d’endettement, écrit Credit Suisse Research Institute dans une étude.

Les multinationales, celles que l’économiste Jagdish Bhagwati qualifiait de « B52 de la globalisation », sont plus prudentes à l’idée d’investir à l’étranger. Les actifs à l’étranger représentent 19% des investissements mondiaux, contre 28% en 2008. Selon d’autres indicateurs, la globalisation s’accroît. Les ventes transfrontalières de produits continuent en effet leur progression. 39% des ventes se font à l’étranger, contre 31% il y a dix ans.

Les obstacles à la globalisation se multiplient pourtant. Le nombre de barrières non tarifaires au commerce augmente. Les règles d’immigration sont plus restrictives. Le processus démocratique atteint ses limites et le rôle de l’Asie ne cesse d’augmenter. Ces tendances suggèrent l’émergence d’un monde multipolaire. Mais la finance reste hautement globale, observent les auteurs. Wall Street domine plus que jamais. Seuls 2% de ses variations s’expliquent par les fluctuations des autres marchés, fait valoir Credit Suisse.

Deux risques majeurs retiennent l’attention, l’endettement et la migration. « Le monde traverse une phase de transition d’une globalisation totale vers un état multipolaire », considère Stefano Natella, directeur de la recherche en actions de la banque.

Pour Credit Suisse, la globalisation se définit par une intégration et une interdépendance accrue, tant économique que politique et culturelle. Il en ressort que les petits pays sont les plus intégrés et ouverts au monde, selon la banque. A l’indice de globalisation de Credit Suisse, le Luxembourg pointe en tête, devant Singapour, la Suisse et Hongkong.

Les auteurs de l’étude tentent de mesurer les forces de mondialisation et de multipolarité à travers deux indices. Il en ressort qu’aussi bien la mondialisation que le monde multipolaire sont en augmentation. La situation actuelle est donc à l’opposé de celle du début des années 1990, une période marquée par la domination économique des Etats-Unis et de l’Europe.

Les économistes élaborent également trois scénarios. Le premier est celui de la poursuite de la globalisation, sous le rôle dominant du dollar et la primauté des institutions occidentales. Le deuxième est celui d’un monde multipolaire, sous l’égide des Amérique, de l’Asie et de l’Europe, avec l’émergence de nouvelles institutions, d’une régionalisation de l’Etat de droit et la fin de l’élargissement de l’UE. Le troisième marque une fin de la mondialisation qui rappelle celle de 1913, illustrée par la guerre des monnaies, une augmentation du protectionnisme, une faible croissance économique, un recul de la démocratie et l’exclusion des migrants.

Les chercheurs concluent que la globalisation poursuit sa progression, mais que le monde multipolaire se met progressivement en place.

La concentration du PIB est en déclin depuis 1960. Il est mieux réparti entre les grandes régions. Mais le point le plus bas a été atteint en 2008. Est-ce une interruption momentanée ? La banque ne tranche pas.

Sur le plan des monnaies, si le dollar reste dominant, avec 90% des transactions, Credit Suisse est d’avis que le yuan chinois pourrait devenir une alternative et dépasser l’euro comme monnaie de réserve, une monnaie pénalisée par le surendettement des pays qui l’utilisent. On irait, dans les changes, vers un monde bipolaire et non tripolaire.

Auteur : Le Temps

Date de publication : 25/09/2015

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