Evénements

  • Conférence du 22 novembre à Lyon

    « Stratégie d'entreprise : l'innovation participative »

    Lire la suite...

  • Assemblée générale du 7 novembre 2016 à Paris

    Assemblée générale statutaire de la CCSF

    Lire la suite...

Actualités France Suisse

Selon la BNS, ce sont les Suisses, non les étrangers, qui font monter le franc

Le numéro deux de la BNS Jean-Pierre Danthine a expliqué pourquoi les taux négatifs doivent s’appliquer aussi aux résidents suisses. Et pourquoi ils restent, pour l’instant, le seul remède efficace à la hausse du franc…

Jean-Pierre Danthine a essayé de démontrer fin avril à Lausanne que l’appréciation du franc suisse depuis le début de la crise de 2008 n’est pas seulement la conséquence d’une ruée des investisseurs étrangers vers une monnaie plus rassurante que l’euro. Mais qu’elle est aussi liée à la frilosité des Suisses à investir dans d’autres pays.

Garder l’argent chez soi

Bon an mal an, la Suisse enregistre un excédent des comptes courants, a-t-il d’abord rappelé. C’est le résultat d’une balance commerciale des biens et des services positive (plus d’exportations que d’importations) et des revenus encaissés grâce aux placements suisses à l’étranger (dividendes perçus, profits réalisés par des filiales…).

Jusqu’en 2008, ces surplus ressortaient du pays. Ils étaient réinvestis à l’étranger par les entreprises et les investisseurs helvétiques dans des actifs financiers, comme des actions ou des obligations, ou dans des outils de production (des usines, par exemple).

Mais cet équilibre a complètement changé, depuis la chute de Lehman Brothers. « Les Suisses ont voulu garder cet argent chez eux, déplore-t-il. La BNS a donc dû exporter ces capitaux à leur place (en achetant massivement des devises étrangères, ndlr). »

Les Suisses ont non seulement cessé d’acheter des actifs étrangers, mais ils en ont aussi vendu certains, complète Maxime Botteron, économiste de Credit Suisse. Ils ont ainsi généré une demande additionnelle de francs suisses, puisque sur le marché des changes, un Suisse qui n’achète pas d’euros a le même effet qu’un Européen qui achète des francs suisses.

La BNS apporte ainsi une réponse économique aux critiques financières et politiques. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas pourquoi ses taux négatifs s’appliquent indifféremment aux institutions financières suisses et étrangères. Jean-Pierre Danthine voulait démontrer pourquoi « ils doivent s’appliquer à tout le monde ».

Taux plus bas que le voisin

Pour sa part, Credit Suisse ne prévoit pas de retour rapide à la normale, au vu des incertitudes entourant la zone euro. Pour encourager les Suisses à réinvestir hors de Suisse, donc à se séparer de leurs francs, la BNS est « obligée d’avoir des taux plus bas que chez les voisins européens puisque la Suisse offre un peu plus de sécurité qu’eux », ajoute le banquier central.

Cette démonstration suffira-t-elle à calmer les mécontents ? En tout cas, mardi dernier, un membre de l’auditoire a fait remarquer que la frilosité des Suisses à investir à l’étranger était peut-être la conséquence, et non pas la cause, des interventions de la BNS sur le marché des changes: « Si on avait laissé agir le marché librement, nous aurions certes un peu plus de chômage mais les entreprises suisses auraient eu, grâce au franc fort, de fantastiques opportunités d’investissements à l’étranger. »

Auteur : Le Temps

Date de publication : 04/05/2015

Partager...

Submit to Google BookmarksSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

Nos partenaires

Novartis


Rolex


Crédit Suisse


Swiss Re