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Supprimer l’usure : les religions l’ont écrit, et si les banques centrales le réalisaient ?

L’usure, désignée comme un prêt avec un taux d’intérêt (abusif!), est à l’origine de nombreux drames humains et sociaux de l’histoire antique mais aussi contemporaine. D’abord interdite par les religions monothéistes, elle est ensuite accommodée et encadrée par la loi…

La Torah (Deutéronome XXIII) interdit le prêt à intérêt entre « frères du même peuple ». Le Coran condamne l’intérêt (sourate 2, verset 275) et l’usure (sourate 30 verset 39). Dans les Evangiles, c’est plutôt la cupidité qui est attaquée que l’intérêt, cependant le droit canon interdit le prêt à intérêt jusqu’au 19ème siècle.

Ce questionnement sur l’intérêt est d’actualité quand on voit aujourd’hui les dérives de la dette aussi bien publique que privée. Expropriation et déclassement social pour les individus, folle course en avant digne d’un « ponzi scheme » pour les Etats qui désormais empruntent pour rembourser les intérêts de leur dette.

L’Italie dépense 6% de son PIB en intérêts et en investit à peine 1% dans ses universités. Difficile de préparer l’avenir avec une telle « ordonnance ». Les discussions en cours sur la situation grecque montrent une fois de plus toute la problématique de l’endettement, et plus précisément de l’endettement non productif.

Je crois que par nature la composition des taux d’intérêt est insoutenable dans un monde aux ressources finies et se solde soit par l’inflation, comme pour la France et l’Allemagne après la seconde guerre mondiale (de 200% du PIB en 1945 la dette passe à moins de 30%, T.Piketty), soit par un changement de système financier. Posez-vous la question de ce que représenterait aujourd’hui la contrevaleur de 100$, au taux composé de 2% depuis l’époque de Cléopâtre? 2% sur 2065 ans, c’est non remboursable; le montant atteint dépasse l’entendement !

Je me demande alors s’il n’y a pas un paradoxe dans le comportement des banques centrales. Et si après les interdits religieux, finalement contournés, c’étaient les banques centrales elles-mêmes qui, via leur politique actuelle, interdisaient l’usure ?

Déjà avec des taux 0, et même négatifs en Suisse, on ne peut plus parler d’usure !  Ensuite avec des Obligations Indexées toute notion de taux d’intérêt disparaît. En effet, la Grèce souhaite restructurer sa dette avec une dette indexée à la croissance. Mieux, l’économiste André Grjebine propose de la dette remboursable uniquement en fonction de la baisse du taux de chômage. Créanciers et débiteurs ont alors des intérêts convergents au sein d’un véritable partenariat bénéfique pour tous. Le remboursement de la dette se réalise ainsi grâce à l’amélioration de la situation du débiteur et non en le poussant dans des situations extrêmes (voire jusqu’à l’esclavage dans l’antiquité). Notons toutefois qu’il existe des organismes indépendants, ou rattachés à des structures gouvernementales, qui pratiquent les prêts à taux 0.

Cette proposition de dette indexée me donne envie de pousser ce raisonnement pour l’investissement en actions. Il semble naturel de penser que la situation de l’investisseur action est alignée avec les objectifs de l’entreprise. Pourtant, la finance est régulièrement montrée comme étant « rentière et spéculative » (G.Mortier, Finance Ethique, le grand malentendu).

Au lieu de privilégier le long terme et de soutenir une entreprise sur sa valeur, les marchés permettraient de spéculer à court terme  sur son prix en bourse. Même le Private Equity favoriserait une logique de prix avec ses objectifs de sortie ou d’introduction en bourse. Cependant, comme déjà souligné dans ces blogs, une autre finance est possible. Une finance vraiment éthique et durable, qui par son état d’esprit privilégie l’impact environnemental et social, nommée Impact Investing. Ne pourrait-on pas y associer alors une forme de financement indexé qui permettrait un juste partage de la valeur créée ?

Je rejoins sur cette idée Capital Institute et John Fullerton qui étudient un changement de paradigme. N’est-ce pas aussi s’inscrire dans une logique de l’usage plutôt que de la propriété comme le préconise l’économie collaborative en plein développement ?

La finance spéculative a été désignée comme responsable de la crise de 2008. Les programmes d’austérité et de rigueur de la Troïka sont désignés comme responsables de drames humains en Grèce et en Espagne. Oser changer notre perspective financière sur le fond et sur la forme pourrait rendre les discussions plus faciles. C’est aujourd’hui peut être un choix économique mais prochainement un choix politique. J.K Kennedy soulignait d’ailleurs que « ceux qui rendent les révolutions pacifiques impossibles rendent les révolutions violentes inévitables. »

Auteur : Bilan

Date de publication : 29/04/2015

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