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Et si la Suisse s’inspirait de la locomotive britannique en matière de crowdfunding ?

Une récente étude montre l’ampleur du phénomène du financement participatif en Europe. L’an dernier, cette finance « sans la banque » a progressé de 144% sur le Vieux Continent pour atteindre 2,957 milliards d’euros. La Suisse n’échappe pas au mouvement et sera bel et bien obligée de réglementer le secteur à l’avenir…

Une glacière « Mac Gyver » ? C’est The Coolest Cooler, capable de diffuser de la musique grâce aux enceintes Bluetooth, de contenir un blender pour les cocktails et de recharger les téléphones via un câble USB. Entre autres prouesses. Cette boîte orange est le plus grand succès de la plateforme de financement participatif américaine Kickstarter depuis sa création, avec une récolte de fonds de 13,285 millions de dollars, en août 2014. Cette glacière-gadget a contribué à la progression du site : l’an dernier, les projets sur Kickstarter ont réuni 529 millions de dollars, contre 480 millions en 2014.

Pionnières, les plateformes américaines ont défriché la forêt du crowdfunding et poursuivent leur développement. Aujourd’hui, l’Europe leur emboîte le pas, le Royaume-Uni en tête. En effet, cette approche moderne, qui permet aux particuliers de financer des projets grâce à des dons, des prêts ou en entrant au capital de sociétés via Internet, croît à vitesse grand V. Une étude réalisée conjointement par l’Université de Cambridge et le cabinet de conseil EY, publiée lundi, met en lumière le phénomène.

Selon ce document, cette finance « sans la banque » a progressé de 144% sur le Vieux Continent pour atteindre 2,957 milliards d’euros en 2014. Ne soyons pas dupes toutefois, ce montant ne serait jamais atteint sans la locomotive de Londres, puisque les plateformes britanniques représentent près de 80% de la collecte européenne. « Le Royaume-Uni domine le marché grâce à des plateformes internet parmi les plus avancées et des instruments de finance alternative sophistiqués. Aidées par un nouveau régime régulatoire et soutenues par le gouvernement, les plateformes ont atteint un impressionnant 2,3 milliards d’euros », écrivent les auteurs. Soit une progression de 168%. Ce sont outre-Manche les crédits aux PME et les crédits à la consommation qui tirent le marché. En excluant le Royaume-Uni, les crédits à la consommation dominent le secteur (274 millions), devant les contreparties proposées aux contributeurs (120 millions), les crédits aux sociétés (93 millions) et les investissements en capital (82 millions).

La France monte sur la deuxième marche de ce classement européen, avec 154 millions d’euros levés l’an dernier, notamment grâce à Prêt d’Union, la plateforme active dans le crédit à la consommation, ou P2P dans le jargon (pour peer-to-peer lending). Suivent ensuite l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas et l’Espagne. En considérant toutefois les montants engagés par habitant, la Grande-Bretagne écrase toujours ses voisins, avec 36 euros. Mais l’Estonie (17 euros) et la Suède (11) complètent le podium.

Et en Suisse ? Selon une étude de la Haute Ecole de Lucerne, les fonds levés via le crowdfunding devaient encore doubler l’année dernière, à plus de 23 millions de francs, soit un peu moins de 3 francs par habitant, ce qui est comparable à la Finlande. Gageons que la croissance va se poursuivre en 2015. En effet, de nouvelles plateformes éclosent régulièrement. D’autres innovent. Cette semaine, c’est le projet romand Moboo.ch qui a évolué avec l’introduction d’une cagnotte. Qui n’a jamais pesté contre ses collègues à l’heure de réunir les fonds pour un cadeau de naissance ou de départ ? Le nouvel outil du site de crowdfunding vaudois vise ce type de récolte de fonds. On est donc loin de l’entrée au capital de start-up (equity crowdfunding), comme le fait le leader zurichois Investiere, ou le soutien aux projets culturels, via Wemakeit.

Au pays de Guillaume Tell comme ailleurs, Moboo rappelle que le crowdfunding est multivisage, aussi bien en termes d’approche que de secteur : du prêt aux dons, de l’investissement à la contrepartie, des jeux sur iPhone aux promotions immobilières. Dans cette jungle typique d’un marché préadolescent, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers reste de marbre. Dans une note de début décembre, la Finma rappelle que « le droit suisse de la surveillance ne prévoit aucune disposition spécifique sur le thème du crowdfunding. Ce sont donc les dispositions en vigueur de la législation sur les marchés financiers qui s’appliquent » Pourtant, plusieurs voix se sont déjà élevées pour demander une régulation claire de la part des autorités, comme celle du professeur Andreas Dietrich de la Haute Ecole de Lucerne ou de Fathi Derder, conseiller national et initiateur du Réseau, un groupe d’influence pour soutenir l’innovation en Suisse. Ce n’est qu’un début.

En effet, le Royaume-Uni a introduit une nouvelle réglementation l’année dernière, autorisant les investisseurs à engager au maximum 10% de leur capital dans les sites de crowdfunding à haut risque. Plutôt que de freiner le mouvement, cette meilleure protection des investisseurs a pour effet de renforcer la confiance dans le marché. L’étude de l’Université de Cambridge pronostique d’ailleurs pour 2015 des levées de fonds de 5,7 milliards d’euros au Royaume-Uni, et de 7 milliards pour l’ensemble de l’Europe. Le doute n’est plus permis: si la Suisse veut accrocher son wagon à la locomotive britannique, elle n’échappera pas à une réglementation du secteur.

Auteur : Le Temps

Date de publication : 26/02/2015

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